Le principe : Airbnb reste autorisé, mais encadré
Soyons clairs d'emblée : la location de courte durée reste légale à Paris. Mais elle est strictement encadrée, et la Ville est passée d'une logique de réglementation à une logique de contrôle et de sanction effective. Mieux vaut donc être parfaitement en règle.
1. Le numéro d'enregistrement, obligatoire depuis 2017
Tout logement proposé en location courte durée à Paris doit disposer d'un numéro d'enregistrement délivré par la mairie. Ce numéro doit apparaître sur chaque annonce. L'obtention est gratuite et se fait en ligne sur paris.fr. Sans ce numéro, votre annonce peut être suspendue et vous vous exposez à une amende pouvant atteindre 5 000 €.
2. Le plafond de 90 nuits pour la résidence principale
C'est la règle la plus importante pour les propriétaires occupants. La règle nationale fixe un plafond de 120 nuits par an pour la location d'une résidence principale. Mais la loi Le Meur du 19 novembre 2024 autorise les communes en zone tendue à abaisser ce seuil à 90 nuits par an — ce que Paris a fait dès janvier 2025.
Concrètement, à Paris, vous pouvez louer votre résidence principale au maximum 90 nuits par année civile. Le respect de ce plafond est contrôlé via la plateforme nationale, et les plateformes comme Airbnb doivent désactiver les annonces qui le dépassent.
Attention : dépasser le plafond expose à de lourdes amendes. La résidence principale est définie comme le logement que vous occupez au moins 8 mois par an.
3. Le changement d'usage pour les résidences secondaires
Si le logement n'est pas votre résidence principale (résidence secondaire ou bien dédié à la location touristique), vous devez obtenir une autorisation de changement d'usage auprès de la Ville de Paris avant toute mise en location. À Paris, cela implique généralement un mécanisme de compensation, qui peut être coûteux et complexe.
Depuis la loi Le Meur, toute nouvelle demande de changement d'usage exige par ailleurs que le logement présente un DPE d'au minimum la classe E. Les logements classés F ou G sont progressivement exclus.
4. La copropriété
Si votre bien est en copropriété, vérifiez le règlement : depuis le 21 novembre 2024, les nouveaux règlements doivent indiquer explicitement si la location de meublé de tourisme est autorisée ou interdite. Et tout copropriétaire qui se déclare en mairie comme loueur doit en informer le syndic.
5. La fiscalité durcie
La « niche fiscale Airbnb » a été largement rabotée. Pour un meublé non classé, l'abattement micro-BIC est tombé à 30 % avec un plafond de revenus de 15 000 € par an. Au-delà, le régime réel s'impose souvent comme plus pertinent.
6. Une échéance à anticiper : mai 2026
Une procédure d'enregistrement préalable harmonisée au niveau national, via un portail unique, doit devenir obligatoire dans toute la France au plus tard le 20 mai 2026. Mieux vaut anticiper la constitution de votre dossier pour éviter toute interruption de vos annonces.
Informations à jour début 2026 et fournies à titre purement indicatif. La réglementation parisienne évolue fréquemment. Pour toute décision, vérifiez les règles en vigueur sur paris.fr et consultez un professionnel du droit ou de la fiscalité. Conciergerie Maisonhaute n'est pas un cabinet juridique.
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